Odilon et Silvio, vigiles de l'immeuble

On se souvient peut-être des concierges portugaises des années 60, plus tard puis des gardiennes françaises et petit à petit plus rien. La "crise" est passée par là et payer le sapin de Noël des toilettes pour un travail souvent bâclé et pas de sourire, ça n'en valait pas la peine.

A Mexico c’est tout le contraire. Le métier de concierge ou de gardienne à la française n’existe pas. Les immeubles résidentiels ont des vigiles ("vigilantes" ou "porteros"),  installés dans un cubicule de surveillance au confort minimum.  Dans mon immeuble ils sont deux, Odilon et Silvio, et se relaient par tours de douze heures. Pour des vacances ils s’arrangent entre eux. Le gardien ouvre et ferme la porte pour les résidents et celles plus lourdes du parking matin et soir et la nuit parfois. Certes ce n’est pas trop fatiguant de regarder la TV mais c’est sans doute lassant. Les gars touchent  environ un peu plus de cinq mille pesos, trois cents euros, une fois et demi le salaire minimum. Avantage important, ils bénéficient eux et leurs familles de la sécurité sociale particulière pour les salariés, de points pour la retraite et reçoivent des "aguilnados" (étrennes sous forme de prime) en fin d’année.

Au Mexique comme  partout, avoir un travail c’est capital.  Ici pas d’Assedic, peu d’aides sociales, il faut se débrouiller pour que la famille ne manque de rien. On ne fait pas le difficile, même s’il faut venir de loin. L’époque où les parents aidaient est révolue. On peut s’aider un peu, a l’occasion, rien de plus…

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