Des ingénieurs ? Oui, mais quantité ET qualité ?

(Mise à jour)

Un exemple, un symbole (?) du grand mal mexicain : il sort 120 000 ingénieurs par an, un chiffre énorme on le devine...
En France la population globale d'ingénieurs est de 702 000 personnes toutes générations confondues! En jetant un coup d'oeil rapide en ligne on s'aperçoit que la production française par an est dans la moyenne européenne : 47 000 ingénieurs par an sont diplômés en Grande-Bretagne. Bien sur on peut y ajouter les 29 000 "apprentice engineers" (techniciens de très haut niveau). Dans l'ensemble on est quand même très loin des 120 000 ingénieurs diplômés au Mexique. Certes il un manque très important d'ingénieurs dans les pays occidentaux, mais est-ce une raison pour brader les diplômes ? Plus de 37% des candidats de l'IPN (dont 44%  élèves ingénieurs) sélectionnés pour un semestre à étranger ne satisfont pas au minimum requis de 8/10 toutes matières confondues.
Le problème c'est le problème de niveau . Ici on est admis dans les écoles d'ingénieurs à 18/19 ans après un "bachillerato" (baccalauréat) à peine symbolique. En France après deux sinon trois ans de Maths-sup et Maths-spé les concours sont très difficiles pour intégrer une école d'ingénieurs. De plus en France les écoles d'ingénieurs sont privées et payantes (on peut avoir des bourses facilement) ce qui motive les etudiants : on peut rarement redoubler. A l'IPN ce n'est pas un problème.

Au Mexique la première école d'ingénieurs, l'IPN (Institut  Polytechnique National,  #742 au ranking de Shanghai même si c'est seulement indicatif)... est gratuit avec seulement une donation de 300 pesos (20 euros) par élève par an. Beaucoup ne prennent pas les études au sérieux. Le directeur de l'IPN les appelle naturo-étudiants. Un exemple d'une source sure m'a confié : à peine trois étudiants sur dix viennent au laboratoire d'aérodynamique, Pour si peu on n'ouvre pas la soufflerie. Autre difficulté, la jeunesse, l'immaturité des étudiants en fait une chair facile à manipuler pour des grèves allant jusqu'à trois mois à l'IPN cette année, een période d'examens, deux mois en 2015 en pleine période d'examens,(six mois à  l'UNAM en 1999). Quant aux langues elles ne sont pas incorporées dans le curriculum c'est donc à l'étudiant de se débrouiller s'il en a envie, et le plus souvent ce n'est pas le cas.Il préfère les échecs ou même le kung Fu comme c'est le cas pour mon ami étudiant en aéronautique.  Bien que (très) brillant il n'a pas compris que l'étude intensive de l'anglais était plus importante que ces hobbies. L'IPN organise aussi des concours de poésie qui mobilisent pas moins de 400 étudiants ! Des concours de poésie oui, des concours de trouvaille technique même si de base, non...

En fait ce n'est pas une réforme de l'éducation qui est nécessaire sinon une refonte complète avec remise à niveau. Autant dire l'impossible.

2 commentaires:

  1. Effectivement en France un cursus d'ingénieur est long, coûteux et exigeant. Il y a au moins deux ans de prépa après le bac ou un BTS. Les examen d'entrée dans les écoles (payantes) sont très difficiles. Les études sont (très) denses avec de l'angais à haut niveau. Il faut aussi trouver des stages, rédiger un mémoire. Tout cela est à prendre plus qu'au serieux sinon c'est foutu!
    Adèle du Kremlin

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le Mexique et la France (le reste du monde en fait) sont deux mondes différents.
      Ici la difficulté existe mais on préfère l'éviter même si le niveau s'en ressent et ce dans tous les domaines comme dans la productivité ou le niveau des enseignements. Finalent on récolte ce que l'on sème et l'on pleure après !

      Supprimer