Liberté d'expression et crime de lèse-gourou

Une évidence....même si elle ne plaît pas à ceux qui la comprennent et n'incommode pas ceux ceux....qui ne la comprennent pas...
Plus ça va plus je me sens supérieur. Auparavant la médiocrité ambiante était plus discrète, plus tolérable. Aujourd'hui l'invasion sinon l'omniprésence des réseaux sociaux permet à chacun non seulement de dire ce qu'il pense sur tous les sujets mais aussi directement ou non de juger sinon de combattre ce que dit l'autre et de le priver de sa liberté. Il existe aussi le cas de celui qui se prend pour un gourou. Il s'exprime sur tous les sujets non sans parfois une note de non-conformisme, de non-politiquement correct pour donner le change et l'impression que sa parole est libre de tous préjugés, de toutes croyances, de tous liens sociaux et politiques. C'est en fait l'archétype du pilier de la société mexicaine. Il répand sa bonne parole en ligne et la foule frustrée par des lustres d'immobilité politique et de tragédies se laisse prendre et le suit.


Elle le suit aussi pour une raison inconsciente, une raison "technique". En cas de désaccord la relation peut s'en trouvée affaiblie. On ne fait plus partie du cercle des faux intimes, en réalité tous des suiveurs sans plus. Les invitations diminuent sinon disparaissent, affectant ainsi la vie sociale. Et au Mexique la vie sociale c'est plus fort que tout et très active de préférence, cela peut -être même plus fort que la famille parfois. Une fin de semaine sauf raison sérieuse (examens, santé) sans sortie ou recevoir est considérée comme une tare. Il va sans dire alors que si une voix discordante s'élève, comme la mienne, une fois, deux fois, trois fois c'est l'exclusion immédiate. Exprimer son opinion, une opinion divergente est considéré comme un crime de lèse-gourou, c'est aussi la communauté que l'on blesse. C'est vouloir imposer sa volonté dans un pays étranger que l'on ne connaît pas, se mêler de ce qui ne nous regarde pas (et pourquoi on y vit ?) et cela va parfois jusqu'à l'insulte. Le gourou lève alors le voile et apparaît pour ce qu'il est : une créature médiocre et intolérante.


Pour être juste on peut se demander si cela est propre au Mexique ou si c'est un phénomène humain que l'on retrouve dans toutes les communautés ou dans tous les pays. C'est en partie possible. Mais je parle ici d'une communauté  à prétention intellectuelle dont le mentor es un universitaire, issu de l'UNAM, la prestigieuse université (publique) du pays. Et là cela devient grave. Si dans un tel cadre il n'y a pas de place pour la liberté d'expression pas étonnant que celle-ci avec une véritable diversité d'opinions au niveau politique, avec des différences marquées existe réellement. Quand il en va de la gestion publique, personne ne peut exprimer une réelle différence, une remise en cause ou seulement en paroles, sinon il est exclu de l'establishment et le Mexique continue de stagner...

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