La révolution par les réseaux sociaux : danger ou illusion?

 Les événements de l ‘automne 2014 au Mexique ont commencé par la disparition et sans aucun doute l’assassinat  de 43 jeunes élèves instituteurs de l’école normale d’Ayotzinapa, dans l'état  de Guerrero (Acapulco) un des plus pauvres du Mexique. Il s'est alors développé un phénomène  inhabituel.  Des  hashtags (le signe #, suivi d'un mot ou d’un slogan) comme # #révolution, ou #toujoursvivants (allusion aux jeunes disparus) ou plus politique #présidentdémission ont surgi partout. Ces hashtags véhiculés principalement sur Facebook par Smartphone (presque tout le monde en a) lancent les morts d’ordre pour  les manifestions ou autres opérations. Mais qui lançait ces hashtags, qui manipulait ces mots d'ordre c'est bien la la question. Le gouvernement le sait mais ne pouvait agir : c'eut été "tuer l'information, censurer, étouffer"… Impossible.


Le responsable de la propagande virtuelle dans le parti d'opposition, Domingo Velasquez écrit: "les réseaux sociaux sont puissants  parce qu’ils ont la capacité d’implanter des convictions et de déformer la réalité. Ils ne font pas partie de la stratégie, ce sont la stratégie."
A partir de là tout est possible. La jeunesse étudiante mexicaine, frustrée, et même parfois envieuse sans le dire de pays occidentaux, suit les consignes virtuelles, manifeste, fait suivre les hashtags à longueurs de claviers. Mais dans la réalité c’est autre chose. Les rassemblements réunissent  à peine 5000 à 10 000 personnes. La grande manifestation du 20 novembre, jour de la fête de la Révolution n'a pas réuni 100 000 personnes. La grève annoncée n’a pour ainsi dire pas mobilisé. Là-dessus  le président revient de voyage, prononce un discours attendu à la manière de  De Gaulle en mai 68, il siffle la fin de la récréation.


Ce sont certainement les auteurs de hashtags qui sont a la source des mouvemnts. Ils ont sans doute aussi manipulé les parents des disparus  avec le slogan : "vivants on nous les a pris, vivants on les veut". Un tel slogan n'est pas tombé du ciel, ni l'organisation de caravanes avec les pères des 43 disparus pour sillonner le pays. Pour résumer on peut dire que le mouvement de l'automne 2014 a eu trois bras : le bras virtuel manipulateur, le bras actif violent : extrémistes, vandales, un bras soft manipulé : les manifestants étudiants soft mais il manquait le bras essentiel dans toute révolution : le bras du peuple. C'était la condition sine qua non, ce ne fut pas le cas, ce fut l'échec. A mouvenent #, résultat zéro.


Le Caire 2010

 

 

1 commentaire:

  1. Au Mexique ce n'est pas demain la veille et heureusement ! J'ai une petite boulangerie patisserie a Oaxaca, plutot pauvre comme región et personne n'en veut.

    Sylvain (de Miel)

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