Le déjeuner annuel du conseil de la communauté juive mexicaine venait de se terminer. Felipe Calderon, invité d’honneur, se lève et prend la parole. Quelques généralités, le petit discours de circonstances et… il embraye en hébreu. Surprise. Je n’ai pas trop bien compris ce qu’il disait mais on peut le deviner. Il s’assoit. Applaudissements.
La communauté juive mexicaine est très réduite, environ quarante mille personnes dont trente mille à Mexico, le reste principalement à Monterrey et Guadalajara. Les premiers arrivants seraient venus avec Cortes, suite aux persécutions espagnoles.
Cette communauté a vivoté mais s’est pleinement épanouie à l’époque du porfiriato, la dictature a favorisé un super boom économique. Elle a même son Rothschild : la famille Coppel, de Mazatlan, une famille sans baronnie mais tout aussi prolifique et mécène. Aujourd’hui l’évènement culturel juif au Mexique c’est le Festival International du Film Juif
C’est une manifestation unique en son genre, une sélection des meilleurs films a thématique juive de l’année dont Morir esta en Hebreo par le réalisateur mexicain Alejandro Springball en 2007 :
Les juifs mexicains sont un exemple de communauté intégrée. Elle préserve sa religion, son mode vie, elle a ses écoles (non mixité, enseignement religieux et repas cashers) et pour éviter les regards des machos en herbe, deux gymnases communautaires (et non municipaux) s’ouvrent tantôt aux filles tantôt au garçons. Ses membres, tres observants en général, sont fiers d’être mexicains. Minorité culturelle oui, minorité nationale non.
Alors qu’en France les synagogues luttent contre le vide, ici les soirs de shabbat la dizaine de temples est pleine. Et l’antisémitisme ? Oui, des survivances préhispaniques et surtout de la curiosité, pas de violences du genre de ce que l’on connaît ailleurs. Sécurité ? Les juifs travaillent et vivent dans des quartiers bourgeois et résidentiels, très surs, comme celui de Polanco. La police, un peu plus qu’ailleurs sans doute, fait des rondes fait des rondes. Des enlèvements ? Les juifs seraient de bonnes cibles mais si c’est le cas peu d’informations filtrent sur le sujet.
J’ai eu l’occasion de diner un soir de shabbat chez le rabbin X… Ce fut un peu comme un retour en enfance. Bénédictions, allumage des bougies et la suite des plats traditionnels, des plats ashkénazes (juifs d’Europe centrale) comme je les aime : foie haché, carpe farcie et poule bouillie. La tranche de carpe fut comme une madeleine pour moi... Ma grand-mère, ma mère me tendaient le plat et moi, le nez dans l’assiette, je bredouillais un vague et timide gracias.
![]() |
| "Juifs par heritage, mexicains pour s'epanouir": tout est dit ! |
J’ai eu l’occasion de diner un soir de shabbat chez le rabbin X… Ce fut un peu comme un retour en enfance. Bénédictions, allumage des bougies et la suite des plats traditionnels, des plats ashkénazes (juifs d’Europe centrale) comme je les aime : foie haché, carpe farcie et poule bouillie. La tranche de carpe fut comme une madeleine pour moi... Ma grand-mère, ma mère me tendaient le plat et moi, le nez dans l’assiette, je bredouillais un vague et timide gracias.
Les traditions, juives, mexicaines ou autres ne meurent jamais. Et tant pis pour pour ceux qui en doutent.
PS : pour les nostalgiques, des merguez frais, maison, sont en vente aux magasins Kurson Kosher de Polanco et Interlomas.




quel joli témoignage, à la fois historique, mais aussi sur les traditions universelles qui fondent, je suis complètement d'accord, l'âme des peuples, quelles que soient leurs croyances, histoires, convictions, etc.
RépondreSupprimerce sont mêmes ces traditions qui consolident l'ossature des uns et des autres : sans elles, nous ne serions que des êtres sans pensées et sans émotions.
Claire
Merci Claire, fidele parmi les fideles. C'est d'ailleurs bien cela qui illustre l'inanite de ce desir de polyculure et autres fantaises a la mode. Des racines ne se melangent pas.
RépondreSupprimer