Un temps nouveau pour le Mexique (par Carlos Fuentes)

Voici un texte superbe de Carlos Fuentes qui s'il ne date pas d'aujourd'hui me semble particulièrement approprié en ce début de siècle.

 La grandeur du Mexique est que son passé est toujours vivant. Non comme un fardeau, sauf pour les plus primitifs des modernisateurs. La mémoire sauve, filtre, choisit mais elle ne tue point. La mémoire et le désir savent qu'il n'y a pas de présent vivant avec un passé mort, qu'il n'y aura pas de futur sans les deux. Nous nous souvenons ici, aujourd'hui,  nous désirons ici, aujourd'hui. Le Mexique existe au présent, son aurore, c'est maintenant, parce-qu'elle porte la richesse d'un passe vivant, d'une mémoire non ensevelie. Son avenir, c'est aussi maintenant, parce-que aujourd'hui ne diminue pas la force du désir de vie du Mexique.

Oui nous sommes plus que des calendriers. Nous savons que rien n'a de commencement ni de fin absolus. Si, en un sens, le Mexique est un pays en
renaissance permanente, c'est qu'il n'accepte ni la tyrannie de la raison ni celle de la magie - nos extrêmes-, mais célèbre la continuité de la vie. Une vie multiple, porteuse du passé que nous avons créé, inventant l'avenir que nous imaginons. Ne nous attachons ni a un dogme, ni a une essence, ni  à un but exclusif. Embrassons, au contraire, l'émancipation des signes, l'échelle humaine des choses, l'inclusion, le rêve de l'autre. C'est je pense, la seule façon de créer, chaque jour, un temps nouveau pour le Mexique.
 

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